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Baba la France

Vie et mort d’un travailleur algérien en France durant les « évènements »

En quête d’une sépulture pour son père, Kaci, le personnage principal de la Trilogie algérienne, raconte ses différents visages : adolescent affamé en Algérie, travailleur acharné pour reconstruire la France d’après-guerre devenu indépendantiste dépassé et héros malgré lui.
De novembre 54 à octobre 61, les évènements s’accélèrent et nous montrent l’horreur de la guerre d’Algérie décrite à travers le regard d’un enfant.

Archéologie d’un spectacle

Dix ans après la création de Baba la France, comment raconter l’immigration algérienne en France ?
Rachid Akbal se lance dans une fouille minutieuse des matériaux qui ont servi à l’écriture du texte : souvenirs, chansons, rencontres se mêlent au spectacle original.

Spectacle tout public à partir de 10 ans
Durée : 1h05

Distribution

Texte : Caroline Girard et Rachid Akbal
Mise en scène et jeu : Rachid Akbal
Mise en mouvement : Alfred Alerte
Création musicale : Ali Mergache

Production

Production : Cie Le Temps de Vivre
Coproduction : Centre Culturel Max Juclier (Espace 89) à Villeneuve-la-Garenne (92)
Avec le soutien de la MJC-Théâtre de Colombes, la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers et l’Avant-Seine/Théâtre de Colombes
Texte édité chez Acoria Editions
Crédit photo : Régine Abadia

Calendrier

Tournée 2018-2019

Samedi 20 octobre à 20h30 au TAC (4 rue Marie Laure à Bois-Colombes – 92) dans le cadre du festival Rumeurs Urbaines
+ représentation à la Maison d’arrêt de nanterre mardi 16 octobre à 13h30 – accès spécifique

Tournée 2017-2018

Dimanche 15 juillet 2018 à 16h dans le cadre du Festival du conte de Chiny (Belgique)
Jeudi 14 juin 2018 à 19h au Théâtre de la Lucarne dans le cadre du festival Chahuts à Bordeaux (33)
Vendredi 9 mars à 19h et samedi 10 mars 2018 à 20h30 au Grand parquet à Paris (75)
Vendredi 24 novembre 2017 à 20h30 au Centre social Brest Horizon à Brest (29) en partenariat avec la Ligue des Droits de l’Homme et l’association 4ACG.

Auparavant

En France
MJC-Théâtre de Colombes (92), Festival Paroles d’Hiver (22), La Baleine qui dit Vagues (13), Le conte en fête (63), Festival des Arts du récit (38), Festival du Conte des Alpes-Maritimes (06), Festival Mots d’Hiver (72), Festival A Haute Voix (58), Festival Conteurs en Campagne (62), Festival Les Nuits d?Orient (21), Ville de Gennevilliers (92), Festival Contes et Rencontres (48), BDP du Calvados (14), Centre Culturel François Mitterrand (70), Festival d’Avignon off (84), Festival Contes en Balade (81), Médiathèque départementale de Loire (42), Maison des passages (69), Théâtre Trévise (75), Médiathèque municipale de Saint-Etienne (42), Musée départemental des pays de Seine et Marne (77), Théâtre de Clermont l’Hérault (34), Théâtre Pierre Tabard (34), Festival en chaises longues (54), Théâtre de Belleville (75), Festival du conte de la Frette-sur Seine (95), Festival interculturel du conte (57), Festival du conte de la ville d’Asnières-sur-Seine (92), Festival de Contes en Ardèche (07), Festival théâtral de l’Université d’Evry Val d’Essonne (91), Festival Coup de Conte en Côte d’Or (21)…

À l’étranger
Festival international de théâtre de Béjaïa – Algérie
Festival de théâtre de Prague – République Tchèque
Centre culturel Buregel, Bruxelles – Belgique

La Trilogie algérienne

La Trilogie pose un regard sur l’immigration algérienne en France et sur le rapport ambigu et complexe que ses enfants entretiennent avec le pays d’origine et le pays d’adoption.

Les trois épisodes qui la composent peuvent être vu distinctement, néanmoins il est bon de les voir à la suite car ils se répondent et se prolongent : dans chaque épisode, on retrouve des passages, comme une résurgence. De plus, ils s’inscrivent dans une temporalité qui suit le cours de l’Histoire.

Avec Ma Mère l’Algérie j’aimerais que le spectateur, en sortant du théâtre, ressente l’Algérie. Pour ma mère, sa terre natale n’était que poésie : c’était la neige et les oranges dans la neige, c’était les vergers en fleurs et l’odeur des fleurs, c’était les durs travaux des champs, les champs qui résonnent de voix cristallines et chantent les héros révolutionnaires.
La belle jeune fille de l’histoire représente la femme algérienne qui se bat contre l’injustice et l’obscurantisme. Cette mère représente aussi toutes les mères de l’immigration : elles sont le courage et l’amour, porteuses en grande partie de la mémoire.

Avec Baba la France, je voudrais que le spectateur admire la valeur et la bravoure de ces travailleurs exilés volontaires pris dans les tenailles de la guerre d’Algérie sur le sol français. Ces hommes doublement et injustement frappés par la conclusion de cette guerre qui leur donne un pays et qui les transforme définitivement en travailleur étranger*.
La guerre d’Algérie a porté le nom « d’évènements » pendant très longtemps, cette guerre a imposé le silence, ce silence a cousu les bouches des pères et laissé les enfants sans réponses. Je voudrais que le spectateur comme le fils de Baba ne supporte plus le silence.

Alger Terminal 2 est un retour vers la terre mère. J’ai choisi de suivre Kaci, le fils de Baba : il est l’enfant de l’indépendance, il est aussi l’enfant de l’immigration, et il est le père de cette génération qui ne trouve pas encore vraiment sa place en France.
Le lieu central de l’histoire est le hall 2 de l’aéroport d’Alger. Kaci n’arrive pas à en sortir, à mettre les pieds sur la terre. Les grands pères ont renoncé au retour, les enfants ont été programmés pour le retour qu’ils n’ont jamais fait et les petits-enfants sont français. Et pourtant l’Algérie les hante tous, ils partagent ses déchirements et ses espoirs. J’ai voulu que ce troisième volet nous parle davantage de l’Algérie, de cette terre meurtrie par dix années de guerre civile.

La Trilogie c’est aussi un voyage dans trois formes différentes

Le premier volet est une histoire tirée d’un conte traditionnel. C’est un choix pour s’adresser simplement au plus grand nombre de spectateurs : les codes sont simples, le théâtre est nu et le conteur/acteur est sur un fil face au public, il ouvre l’imaginaire en jouant sur les émotions de celui qui écoute.

Avec Baba la France, je voulais une transition souple et exigeante vers une forme théâtrale. Ce témoignage devait, pour moi, être vécu comme un roman qu’on écrit en direct. C’est un récit très écrit avec une forme cyclique moins évidente qui nous emporte dans les aller-retour de la mémoire. La partition du sensible est partagée entre le jeu de l’acteur, le jeu des lumières et la musique enregistrée.

Alger Terminal 2 parle d’aujourd’hui, et pour moi, le spectacle devait être plus en phase avec les techniques actuelles du théâtre. Même si a priori il s’adresse à un public plus familier du théâtre contemporain avec la vidéo, les images d’archives, les micros et la musique sur ordinateur, le récit reste central. C’est un théâtre documentaire, où le comédien autant que le spectateur sont les témoins du drame qui se joue.

Le voyage dans ces trois formes peut et doit se vivre dans les deux sens : pour dissiper les frontières et mêler les publics.

*Avec l’indépendance de l’Algérie, les Français musulmans peuvent acquérir la nationalité française ou devenir citoyen algérien.

Vu par la presse

Le comédien conteur, auteur et metteur en scène, Rachid Akbal, reprend Baba la France, récit théâtralisé en forme de vibrant hommage aux pères de l’immigration algérienne. Un poignant seul en scène.
Vêtu d’un Marcel, noyé dans un costume gris à la veste trop large au pantalon flottant retenu par des bretelles, chaussé de mocassins aux vrais faux airs de babouches, le comédien conteur retrace cette épopée héroïque en évitant l’écueil du misérabilisme. Le parti pris d’un plateau nu comme celui de jeux de lumières souvent focalisés sur l’acteur lui-même, n’épargne rien au comédien. Cette générosité ne peut laisser indemne.
Marie-Emmanuelle Galfré, La Terrasse – avril 2012

Coup de coeur – Baba la France
Rachid est seul en scène avec ses souvenirs et ses petits pincements, ses sourires aussi. Un spectacle qui raconte l’Algérie et le voyage vers la France, vers l’horizon du bonheur tant espéré, les souvenirs perdus de la terre d’Algérie, les odeurs, les sensations…
Le spectacle fonctionne comme un conte, mais l’acteur est capable d’une rare mobilisation physique qui ramène du jeu en force et fait jaillir des images gorgées de couleur et d’émotion.
On respire le soleil d’Algérie, au pied des figuiers et des orangers, on tousse la fumée des usines dans la grisaille du nord et de la banlieue parisienne, on trinque avec Baba au comptoir de ses rêves, on partage ses joies et ses déceptions au creux d’une vie faite de déracinement, d’errance, de perte…
Rachid Akbal, avec la complicité de Caroline Girard, fait plus que rendre hommage à son père algérien parti au pays de la chance, il nous raconte l’histoire humaine de l’immigration, l’histoire de cette traversée culturelle et morale qui structure la société française d’aujourd’hui et modèle une nouvelle identité, une identité travaillée par l’entre-deux, la conscience diasporique.
Ce père contradictoire qui a fait le choix de vivre en France alors que son âme d’enfant était restée en Algérie, dans les rocailles de sa Kabylie natale, ce père que Rachid Akbal entreprend d’inhumer dans les méandres de ses souvenirs et des histoires qui ont bercé sa jeunesse est emblématique de toute une génération du paradoxe, celui de l’histoire coloniale et de la guerre d’Algérie.
Sylvie Chalaye, Africultures – 13 septembre 2009

Sur fond d’événements historiques, Rachid Akbal raconte la vie d’un homme libre devenu un héros malgré lui. Rendant ainsi justice et mémoire à tous ces pères qui vécurent avec leur famille en France ou la laissèrent au pays, Rachid Akbal évoque les foyers de travailleurs, les logements de fortune et le travail acharné de ces damnés du béton en incarnant le personnage de Kaci, un fils marchant sur les traces du passé de son père.
Pris dans la spirale des souvenirs et le flot des mots, Kaci recompose l’identité effacée par l’Histoire de ces hommes qui payèrent souvent de leur propre déconstruction leur participation à la reconstruction de la France qui les exploita avant de les reléguer, eux et leurs enfants, aux marges symboliques et sociales d’une société ingrate.
Catherine Robert, La Terrasse – Hors série Avignon an scène 2009

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