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Appel à candidatures 

La compagnie est à la recherche de sa nouvelle personne chargée de production.

Les axes de travail principaux sont :

  • la production du festival Rumeurs Urbaines et des résidences d’artistes
  • le suivi de la production des spectacles de la compagnie
  • le suivi administratif et social de la compagnie

Pour avoir toutes les informations et postuler, nous vous invitons à candidater via le site Profilculture : Attaché.e de production, Le Temps de Vivre, Colombes (92) – ProfilCulture.

Date limite : Dimanche 18 février. 

 

 

 

Edito Janvier 2024
2024 se profile à toute allure sur la ligne d’horizon, le temps s’accélère, plus une minute à perdre, nous fonçons à plus de 330 km/h. Bon, bon, vous vous en doutez, je suis à bord d’un TGV, le INOUÏ N°8509. Comme d’habitude je vais tenter d’avoir une discussion ferroviaire avec mon voisin ou ma voisine.

L’INOUI N°8509 file vers Bordeaux, le confort est de mise. Je suis en sécurité, mon voisin vient de m’annoncer qu’il est militaire. Et moi, je vous annonce que je vais pour une fois déroger à la règle que je me suis fixé : quelque soit la personne, sans aucune discrimination, tu dois entamer une discussion. 

Mais actualité oblige, je n’ai vraiment pas envie de parler du maniement des armes ou de la vie des casernes.

Je lui souris, je jette le dé, je me lève, je sors de ses eaux territoriales, et je me rapproche de trois jeunes femmes. Elles ont un joli teint cuivré qui révèle une origine insulaire d’une région tropicale sans doute.

« Bonjour, j’écris une chronique, et j’aimerais juste savoir : j’ai la sensation que vous êtes étudiantes. » Elles m’annoncent qu’elles sont gendarmes en garnison à Fontainebleau, en chemin pour les vacances. Je les soupçonne un instant de me faire une blague. Mais les dessins de leurs tatouages sur leurs corps musclés, constituent un « clue », un indice valable.

Je m’échappe, je bats en retraite.

Non vraiment, je ne veux vraiment pas parler de la guerre.

Je poursuis mon parcours, je passe par le passage secret, je vais rendre visite aux deux dernières personnes assises dans ce compartiment dépeuplé. La femme et l’homme portent le même tee-shirt, nouvel indice, ils sont en couple : « Nous sommes aussi militaires, nous rejoignons notre garnison à Castres. »

Silence, l’auteur ne sait plus quoi faire. Non vraiment, vraiment, il ne peut pas entamer une discussion c’est au-delà de ses forces.

Sa mâchoire se décroche du bas de son visage, ses beaux yeux noisettes sont immenses, son regard est vide, ses fins cheveux châtains se dressent sur sa tête. C’est la première fois que l’auteur se décrit. Et, il doit le reconnaître, d’une manière avantageuse.

Moi protégé par des militaires. Ah, non ! Mon sang rhésus O positif et révolutionnaire de salon s’est mis à bouillir, et j’ai décidé de changer de compartiment.

Mais j’ai failli. Oui j’ai failli, car j’ai rapidement constaté que les autres compartiments étaient bondés. Je suis revenu penaud à ma place gardée.

Bon, je n’aurai rien à vous raconter. Je suis désolé. Vous allez mal commencer l’année, je sais humblement que mes mots vont vous manquer. Mais, je ne veux pas provoquer la première frustration de masse de 2024. Je vous disais que la présence de ces militaires me ramène à l’actualité. Car comme vous le savez…

Vous allez m’écrire que tout cela à l’air d’être fabriqué. Oh, le petit joueur de Cluédo, oh, le petit auteur ferroviaire à deux sous. Oh quel manque d’imagination. Une chronique sans style, et sans idée. L’écriture révèle l’auteur.

Je vous promets que tout cela est véridique, donnez-moi vite une bible pour que je pose ma main maléfique !

Nous sommes le 25 décembre, je ne peux tout de même pas vous mentir en ce jour sacré.  

Aussi je vous disais que la présence de ces militaires…

Au fait, J’ai adoré un des dessins dans le canard enchaîné du mercredi 20 décembre, où l’on voit deux Joseph entourés de l’âne le bœuf et le mouton casher se pencher au-dessus du petit jésus. Le titre du dessin : Le pape autorise le mariage homosexuel hors liturgie.

Et, en médaillon, François dit : « maintenant on peut mettre deux joseph dans la crèche. »

Je viens de faire une digression et le TGV en a profité pour s’arrêter à Bordeaux. On a détaché la partie arrière de la rame qui s’en est allée flâner vers Arcachon. Et vous et moi continuons notre voyage. 

C’est beau la baie d’Arcachon, ne trouvez-vous pas que c’est un des meilleurs endroits pour manger des huîtres, des fines claires. Les huîtres, il faut en manger toute l’année, mais il faut rester modéré. Savoir se contenter de peu. Manger peu. On pense mieux.

On peut aussi ne pas en manger des huitres, et se contenter de contempler l’océan tout en suçant un galet salé. Ou bien rester face à l’océan, et lui raconter des histoires, pendant qu’il nous écoute tout en roulant au loin ses grosses rides écumantes.

Ouf nous l’avons échappé belle, car comme j’écris cette chronique sur plusieurs jours durant la trêve des confiseurs, j’ai appris depuis, que les huîtres du bassin sont impropres à la consommation, nous avons échappé à la diarrhée bordelaise. Pauvres huîtres contaminées par les eaux usées rejetées dans le bassin, et qui transportent le virus d’origine humaine, ça coule de source avec l’humain ! Toutes les bêtises humaines reçoivent une poussée verticale égale ou supérieure au volume de la connerie déplacée. 

 

Je vous disais que…

Tiens, il y a deux gars en plus dans le compartiment dépeuplé, ils ont dû monter à Bordeaux, et se faufiler sans que je m’en aperçoive. Bonjour messieurs, excusez-moi, je n’ai rien contre les militaires, j’ai même eu cette tentation naguère. C’est un mensonge que j’assume, c’est pour créer un climat de confiance.

Ce sont des agents de sécurité. Ressortez la bible, j’ai la main chaude.

Le TGV à garde très renforcée, fonce maintenant en direction de Toulouse Matabiau. L’un des agents de sécurité est franchement basané, et l’autre a un physique idéal pour être contrôlé plusieurs fois par jour par Darmanin. Quelle honte cette loi immigration : l’étranger est nuisible, c’est un danger potentiel, une huître contaminée, sachons en consommer avec modération, car nous en avons besoin, mais chut ! Puis, sachons le rejeter loin de nos eaux territoriales nauséabondes.

 

L’auteur semble à la peine, il ressasse des phrases éculées, visiblement, il n’arrive pas à se concentrer, il se noie dans son marasme, c’est le colonel moutarde dans la cuisine.

 

Nous venions de quitter Paris pour les Pyrénées, pour respirer l’air des sommets. Partager ensemble les matins magnifiques où le soleil rouge enflamme les cimes enneigées. Partager du beau, du rêve, et tant pis pour les clichés. L’important c’est de se sentir bien. 

Je veux qu’on oublie l’espace d’une trêve, le visage de ce monde cruel où des enfants meurent sous des bombes assassines, où l’inhumanité éclabousse nos écrans qui vomissent nuit et jour l’infamie de notre civilisation. Ne plus entendre les faiseurs d’opinion qui pérorent dans la basse cour de l’information.

 

L’auteur semble se ressaisir, mais les mots lui manquent pour conclure, pour en finir avec cette année de tous les records.

 

Je veux vous souhaiter au nom de l’équipe du Temps de Vivre…

 

PS : vous pouvez nous envoyer vos mots de bonne année. L’équipe du Temps de Vivre les transmettra à l’auteur afin qu’il termine sa chronique. Il est allé marcher sur la longue plage de Sète, le ressac lui fait du bien, il écoute Schubert dans sa tête, un canard colvert plane au-dessus de lui, et se dirige vers les étangs, sa silhouette glisse dans la lumière crue de l’hiver.

Rachid Akbal

 

 

 

Ma mère l’Algérie

Conte populaire en hommage à la terre mère

Vendredi 17 novembre à 19h30 à la MJC Théâtre, 96 rue Saint-Denis à Colombes (92) en partenariat avec la mairie de Colombes, dans le cadre du festival des Solidarités Internationales

Entrée libre sur réservation : 01 47 60 00 98 – info@le-temps-de-vivre.info

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Rumeurs Urbaines

Festival et fabrique du conte et des arts du récit

24e édition du 29 septembre au 28 octobre 2023.

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