Contactez-nous...

01 47 60 00 98 • info@le-temps-de-vivre.info

Inscrivez-vous à la newsletter ...

Accueil

Edito JANVIER-FÉVRIER 2023

J’ai repris le TGV, je file…

 « Filez vers de nouveaux horizons » : c’est un des slogans de la SNCF.

Je reprends le fil de mes discussions avec mes voisin-e-s.

Ma voisine du jour, me raconte qu’elle fait du Nail art, des dessins sur les ongles, elle est installée à Lyon Part Dieu.

poupie.nails : c’est son compte Instagram, si vous voulez découvrir.

Elle me montre ses créations sur son ordinateur, et m’explique comment elle réalise cela, c’est chouette. Je lui dis, tu sais que cela existe depuis l’antiquité, ah bon qu’elle me répond, je ne le savais pas. J’y étais, mademoiselle, je traverse le temps depuis longtemps. Je lui dis que nous les hommes autant que les femmes, nous nous peignions nos ongles depuis l’aube des temps, ah bon je ne le savais pas. Hé oui, peindre ses ongles définissait même notre rang social en Égypte ou à Babylone, et chez les incas cela avait une valeur spirituelle, elle m’a regardé d’un œil différent, faut dire qu’avec mon bonnet sur la tête, je ressemble d’abord à un Schtroumpf.

Et, je suis certain que le maquillage cela existe depuis le Paléolithique, certainement qu’Homo-sapiens the first devait pratiquer le maquillage, le tatouage, ou toute de forme d’embellissement du corps. La mode existait déjà ! Black Friday, c’est au fond de la grotte, attention où vous posez les pieds, il y a l’ours qui dort.

« Issue de secours »

Je vais à Marseille. Je suis en mouvement, je ne vous raconte pas l’objet mon voyage, cela n’a aucun intérêt comme dit mon amie Brigitte, tes petites histoires ne nous intéressent pas.

Je suis comme beaucoup d’entre vous dans une zone de turbulence appelée passage dans la nouvelle année. J’ai déjà évoqué ce moment dans une précédente chronique, je me demandais ce que nous laissions derrière nous d’une année sur l’autre.

Aujourd’hui, je me demande ce qu’on emporte avec nous quand on change d’année. Ou pour être plus juste, qu’est-ce qu’on refuse d’abandonner quand la maison brûle ?

Dans le train, les gens partent pour fêter Noël et le nouvel an. Ils ont avec eux des bagages qu’ils gardent sous surveillance comme leur a conseillé la voix stridente qui sort des haut-parleurs, et me CASSE LES OREILLES SURTOUT POUR DES CHOSES COMMERCIALES ! Il y a bien entendu les cadeaux et aussi leurs affaires personnelles, mais je vous parle de ce que nous avons en nous, dans nos bagages intérieurs, et qui ne se voit pas.

Qu’est-ce que nous avons peur de laisser derrière nous, et qu’on refuse d’abandonner ? Nos certitudes, nos combats, nos illusions, nos convictions, nos rêves, nos habitudes. Pourtant, pourquoi avoir peur, on change d’année, faisons peau neuve.

« Laissez-vous rêver »

En attendant de répondre à cette question, je vous ferais remarquer que malgré l’avenir plus ou moins incertain qu’on nous prédit, tout le monde joue plus ou moins le jeu du 31. Roulez-manège, c’est la piste aux étoiles, on se maquille les ongles, on se fait un nouveau tatouage, une nouvelle teinture, elles sont chouettes tes nouvelles lunettes, attends t’as pas encore vu mes chaussettes, oh trop chouette, et mon slip phosphorescent, oh trop chou, on est prêt à tout pour rigoler ! On est prêt pour le compte à rebours, ça va péter : neuf huit sept six … jusqu’au baiser, à la bise, à l’embrassade, au coup de coude Covid oblige, au SMS, aux selfies, cinq quatre … au passage sous la branche de gui, au choix : fertilité abondance et bon augure, ou bien  sex, drugs and rock’n roll, trois deux un zéro… bouchon de mousseux à 12€ économie oblige, attention les yeux, déjà que je me suis ouvert la main avec une huitre l’an dernier. Tout monde célèbre amoureusement furieusement sérieusement discrètement modestement le passage, le choc des aiguilles, le bouleversement calendaire, qu’on soit dans une chambre à l’hôpital ou en famille avec les grands-parents sympas ou dans une cellule d’une prison surchargée ou avec des amis chez les amis de leurs amis ou seul sur les Champs-Élysées à embrasser n’importe qui, le cœur ouvert à l’inconnu, on est plus ou moins joyeux, heureux de partager ce moment-là, on avance d’une case comme au jeu de l’oie, on a peur de rien, on a tout à gagner quand on passe par la case départ, en plus demain c’est férié, enfin pas pour le service public.

On est rassuré, car on a avec nous, notre patte de lapin, notre gris gris MINIATURE dans le fond de la poche.

Le 1 janvier à 00h01, on se sent généralement euphorique, on a un an de plus, mais ce n’est pas grave, on fera le décompte plus tard. L’important c’est de se sentir tout neuf.

Oui on s’allège, le cerveau est moins encombré, on garde nos convictions, mais on est réaliste, on garde notre foi qui en a pris un coup ces derniers temps, comme notre foie, mais lui il l’a bien cherché, l’avenir est déjà passé, on a mangé notre pain blanc, avec tout ce qu’on nous prédit de pourri, plus rien n’est à venir, il n’y a plus d’ours au fond de la grotte, alors on prend ce qu’il y a à prendre maintenant, et vaille que vaille.

Pourtant il y en a qui aimeraient poursuivre le combat. Le quoi ? Le combat ! Plus le temps, faut se dépêcher d’en profiter, cette année c’est Black Friday tous les jours.

« Profitez du Wifi avec Intercités. »

Si vous avez besoin d’être rassuré sur une chose au moins : le temps qui passe est une illusion. Pas besoin de physique quantique. La preuve !

Ben, euh, l’URSS est toujours là, en reconstruction certes, mais le Tzar Vladimir y travaille, les riches sont toujours là, et en plus, ils sont encore plus riches, la lèpre, la tuberculose, le choléra, les fascistes sont toujours là, les enfants français fils et filles de djihadistes dans les camps en Syrie sont toujours là-bas, Drucker est toujours à la télé, Giscard, bon Giscard est mort c’est vrai, mais des fois j’en doute. Les vinyles sont toujours là, le tire-bouchon, l’ouvre-boite, le pétrole, le charbon, l’Angleterre, les choux de Bruxelles, les trous dans le gruyère, le camembert coulant, le babybel, le Père Noël en chocolat…

Je connais deux jeunes marseillais, qui une année à Noël, s’étaient habillés en Père Noël pour se marrer, bref, ils avancent sur un paddle en longeant la côte, bon à un moment, fatigués de ramer, ils veulent accoster, mais sur la plage qu’est-ce qu’ils aperçoivent ! Non ! Au secours ! Des tas d’enfants qui crient de joie en les voyant ! Alors ils ont continué de ramer …

« N’oubliez pas vos bagages »

Je crois que c’est le moment de conclure, faut bien trouver une chute, j’en ai assez de ramer moi aussi sur cette chronique, même si c’est pour commencer l’année, faut bien clôturer pour recommencer. Alors je vous souhaite pour la nouvelle année de refuser d’abandonner le combat pour vos idées, mêmes si elles sont recyclées, ou qu’on vous dit qu’elles sont bonnes à jeter, de refuser d’abandonner vos illusions, pour ne pas subir, de refuser de jeter vos rêves fragiles, même s’ils sont en papier, de refuser de croire en l’impossible, de refuser… même s’il faut bien l’accepter, de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser de refuser, et c’est tout, point final.

Rachid Akbal

 

 

 

Métamorphoses du vivant

Conte des origines

Vendredi 14 avril à 21h et dimanche 16 avril à 16h au Théâtre de l’Usine à Ergany (95)
Mardi 18 avril à 20h à l’Agora-Desnos, scène nationale de l’Essonne à Evry (91)

En savoir plus

Radio bitumes

Théâtre-récit et danse hip hop dans l’espace public

Mercredi 10 mai à 15h Esplanade Joséphine Baker, 1 rue Jules Michelet à Colombes (92) & jeudi 11 mai à 10h15 et 14h20 au lycée Anatole France, 130 Bd Valmy à Colombes (92) dans le cadre de la saison hors les murs de l’Avant Seine / Théâtre de Colombes.

En savoir plus