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Cent culottes et sans papiers

Cent culottes et sans papiers

Petit manuel d’instruction civique, ludique et poétique

Portrait documentaire de l’école à travers le XXe siècle, avec ses enregistrements issus du réels et ses archives audio, Cent culottes et sans papiers rappelle avec tendresse et cruauté les affres de l’enfance. Chaque vêtement oublié devient prétexte à raconter une tranche de vie poétique ou politique, dépliant un éventail d’histoires sensibles et ludiques.
A travers la danse, le chant et le théâtre d’objets, Rachid Akbal célèbre les jeux de cour de récréation, où s’annoncent déjà les tristesses et les joies du monde de demain. Une ballade à trois temps pour réinventer la petite ritournelle : Liberté, Égalité, Fraternité.

Tout public à partir de 9 ans
Durée : 50 minutes

Prélude à Cent culottes et sans papiers

Il est bien difficile de faire état de tous les thèmes, souvent en écho, qui sillonnent ce texte, le labourent et l’ancrent dans la réalité moderne et contemporaine la plus simple et la plus universelle à la fois, pour faire de nous des témoins interpellés. On y sent se développer une sorte de poésie politique, une passion pour l’humanité ordinaire et l’absurdité des expulsions d’enfants.
Marie Bernanoce

Intentions de mise en scène

Quand l’adulte regarde l’enfant

Cent culottes et sans papiers est fait des mots de l’enfance mais il est écrit avec le point de vue d’un adulte : c’est toujours l’auteur qui décrit ce qu’il voit, qui porte un regard sur l’enfant. Par la simplicité de ses mots, il arrive à nous faire voir et entendre les enfants dont il raconte les vêtements mais la focalisation reste toujours externe.
C’est un texte-matériau pour la scène, pour jouer avec la langue et les situations. Je l’ai donc abordé par un travail sur le silence, sur la page blanche. J’ai opéré diverses coupes pour garder surtout le poétique, le sensible, afin que, petit à petit, l’émotion prenne le pas sur la narration.
Au début, je suis un observateur, je dis le texte comme si j’en étais l’auteur. Je suis dans une adresse directe au public ce qui permet de créer des interactions avec lui. Mais au fur et à mesure, je deviens acteur, presque clown. J’utilise le détour par le jeu (jouer à cache-cache, marcher un équilibre sur une poutre…) pour rendre le texte familier aux jeunes spectateurs et mettre en relief ses intentions. Pour renforcer ce caractère ludique et joyeux, je passe aussi par le mouvement, la danse, le chant, la marionnette, l’objet.

Sylvain Levey ancre sa narration dans une traversée de la grande Histoire qu’il convoque à travers tout un procédé de listes et d’énumérations. Dans ces textes en creux, tout semble à priori trop dit. Parmi les références historiques, nous avons gardé uniquement les blouses de l’année mille neuf cent quarante-et-un. Au début du spectacle, la pile de blouse est cachée dans un carton où on les a oubliées. Puis ce carton devient refuge pour l’enfant qui se cache, puis castelet pour le pull de Courpartout… C’est ainsi que je souhaite donner vie à la réalité du texte : en tant qu’artisan-créateur.

Une bande-son entre documentaire et poésie
Clément Roussillat réalise une composition musicale et rythmique à trois temps pour accompagner le texte, renforcer sa poétique et donner au personnage central l’élan nécessaire à son envol. Le reste de la partition est documentaire : prise de sons dans des cours d’école, interviews d’enfants, ajout de discours politiques.

Des vêtements-objets
Les vêtements présents sur scène vont permettre de faire ressortir un trait en particulier, une idée qu’il faut faire jaillir pour qu’elle touche le coeur et l’esprit. Le narrateur va aussi, tout au long de la pièce, se dépouiller de ses vêtements pour en enfiler d’autres, puis d’autres et d’autres encore, de façon à ce que ces couches successives lui donnent une silhouette étrange.

Genèse par l'auteur

Il est important, il me semble, de questionner, construire et promouvoir le théâtre enfant, un certain théâtre enfant loin des clichés, des poncifs et des facilités. Les jeunes acteurs (lecteurs, spectateurs) ont droit à un théâtre à part entière sans édification, ni moralisation, un théâtre qui propose une alternative, un langage poétique, une dimension dramaturgique. Ce jeune théâtre contemporain peut s’inspirer de la réalité, s’en amuser et pourquoi pas déclencher le débat en interrogeant le collectif. C’est le théâtre que j’essaye, en toute humilité, de construire au fil des pages et des histoires. Parmi d’autres et avec d’autres.
Sylvain Levey

Ce texte, c’est un texte sur l’école écrit durant les grandes vacances.
Ce texte n’est pas un texte sur l’école. Pas que. L’école est un prétexte. Comme le vêtement oublié d’ailleurs. Ce qui m’importe ici, c’est l’histoire avec un H, un grand pas, l’histoire au sens dramaturgique du terme car ici d’histoire il n’y en a pas, il y a des résonances oui, des clins d’oeil de textes à textes, des chocs aussi, le tout formant un ensemble et vice-versa.
Il faut lire ce texte une première fois car l’ordre a une logique, la mienne. La mienne de logique associe la rythmique et le paysage. Pour définir mon paysage et mon rythme j’ai suspendu mon texte à la verticale, feuille à feuille, un texte (un vêtement) sur chaque feuille et j’ai regardé le vide et le plein de ces feuilles et j’ai déplacé puis déplacé de nouveau puis encore jusqu’à trouver le paysage qui me convenait. C’est un jeu qui associe donc ce paysage (l’oeil) et le rythme (l’oreille). Un texte court après deux longs, pourquoi pas, un texte dialogué long après un monologue court suivi d’une liste ou d’une phrase seule, deux dialogues de suite mais un à deux voix et l’autre à trois intercalés par un monologue ou un texte narratif… Cela paraît technique, cela ne l’est pas. C’est instinctif. C’est animal.

Ensuite il faut faire du trampoline et sauter de texte à texte, passer par-dessus certains pour associer deux textes qui se répondent. Toutes les combinaisons sont possibles et s’expliquent et ont leur propre personnalité. Chaque combinaison provoque des chocs et des paysages et rythmes qui lui sont propres.
Dans Alice pour le moment, j’ai écrit ce que j’appelle un roman théâtre ; ici, dans Cent culottes et sans papiers, j’ai écrit non pas un théâtre poème mais un théâtre de micronouvelles. La micronouvelle comme son nom l’indique est une nouvelle réduite au strict minimum. Ce ne sont pas des poèmes, il ne faut pas se laisser piéger par la musique. Ce sont des micro-histoires qui mises ensemble racontent une grande.

(…) Comment mettre en scène ce texte ? Toutes les entrées sont possibles, du théâtre d’objets bien évidemment (ou de vêtements !), un dispositif plastique, une mise en onde avec casque, pourquoi pas, une troupe d’acteurs aussi c’est un axe intéressant, un seul acteur ou une seule actrice seule sur une chaise face public sans rien d’autre qu’elle et le texte. Une seule porte est fermée, celle qui ouvre sur le chemin de la nostalgie. Il ne faut pas se laisser piéger par le côté « les doigts plein d’encre », avec tout le respect que j’ai pour le photographe Robert Doisneau. C’est avant tout un texte politique qui replace le jeune lecteur spectateur acteur à l’endroit où il se trouve, c’est-à-dire début du vingt et unième siècle avec une histoire avant, une histoire pendant, une histoire après lui.

Je n’ai pas vraiment de références qui m’ont servi à l’écriture de ce texte. En fait j’ai des références musicales, cinématographiques, plastiques, littéraires qui sont le socle de l’ensemble de mon travail d’écrivain. Je pourrais citer en littérature Hubert Selby Junior, John Fante, John Kennedy Toole, Paul Auster, Tanguy Viel, Louis Calaferte, Alberto Moravia, Ou encore Michael Haneke en cinéma, le film Dog Days, les films du Dogme de Lars Von Trier.
J’aime aussi beaucoup des films comme La Graine et le Mulet qui associent rigueur, engagement et accessibilité au large public, j’aime la simplicité d’Agnès Varda, j’aime les films de la Nouvelle Vague, surtout Godard, surtout Pierrot le Fou, j’aime Soulages, Pollock, Hopper, Frida Kahlo, Gauguin en peinture, j’aime Thomas Fersen, Noir Désir, Dominique A, le groupe Beirut, Tom Waits, Iggy Pop et Joy Division en musique.

Extrait

Une cagoule
Bleue
Bleue marine exactement.
Une cagoule bleue marine avec un liseré blanc.
Une cagoule
Comme toutes les cagoules
Qui gratte
Dans
Le
Cou
Et
Un peu aussi le menton.

La cagoule est tombée
Avec les premières neiges
On la retrouvera serpillère
Au début du printemps.

Elle est à qui ?

L’étiquette est délavée
On ne peut lire qu’une lettre
La première lettre d’un prénom

S
S
Comme Stéphane ?
Comme Sophie ?
Comme Steven ?

S

Comme Sidonie
S comme Simon ?
S comme
Sylvie ?

S comme ?
S
L’œil s’habitue
Et
Devine
Un M
Sam ?
Peut être !
Oui Sam ! Pourquoi pas Sam !
L’œil fait l’effort
Et
Devine
Un
R

Samur ?
Non !
Samor ?
Non !
Samar ?
Non
Samer ?
Non plus.

Reste le i.

S A M I R ?

Samir
Petit
Samir
Reparti
Au pays
Sans la cagoule
Avec parents et amis
Sur ordre de ils.

Samir
Dernier jour avant la sortie

Distribution

Texte : Sylvain Levey © Editions théâtrales
Mise en scène et jeu : Rachid Akbal
Regard extérieur et lumières : Hervé Bontemps
Création sonore : Clément Roussillat
Costumes : Fabienne Desflèches
Mise en mouvement : Laure Wernly

Production

Production : Compagnie théâtrale Le Temps de Vivre / Rachid Akbal

Coproduction : Maison du Développement Culturel de Gennevilliers (92), Théâtre de l’Usine à Eragny (95), Eveil artistique Scène conventionnée Art Enfance Jeunesse – Avignon (84)

Avec l’aide à la création de spectacles du Conseil départemental du Val d’Oise.

Accueils en résidence : Théâtre Le Hublot et MJC-Théâtre de Colombes (92).

Remerciements : écoles Jean Lurçat à Gennevilliers et Simone Veil à Colombes

Calendrier

TOURNÉE 2019-2020

24 octobre 2019 à 10h15 et 15h à la MJC Tati à Orsay dans le cadre du festival Festi’mômes (91)
17 novembre 2019 à 16h et 18 novembre 2019 à 14h
au Théâtre de l’Usine à Eragny dans le cadre du Festival théâtral du Val d’Oise (95)
10 et 11 décembre 2019 à 10h et 14h30
au Théâtre Le Hublot à Colombes (92)
14 et 15 Janvier 2020 à 20h
à la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers (92)

2018-2019

9 > 26 juillet 2019 : création au festival Théâtr’enfants à Avignon
1er > 7 juillet 2019 : résidence au Théâtre de l’Usine à Eragny
20 juin 2019 : répétition publique au Théâtre Le Hublot à Colombes
17 > 22 juin 2019 : résidence au Théâtre Le Hublot à Colombes
19 février à 10h : chantier dans le cadre d’Attention travaux ! à l’Espace Jacques tati à Orsay
18 > 22 février 2019 : résidence à Éveil Artistique, scène conventionnée Art Enfance Jeunesse – Avignon
7 > 11 janvier 2019 : résidence à la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers
22 > 27 novembre 2018 : résidence à la MJC-Théâtre de Colombes
12 > 16 novembre 2018 : résidence à la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers

Partenariat avec Scènes d'enfance - ASSITEJ France

Le spectacle Cent Culottes et sans papiers fait partie des spectacles proposés dans le cadre du projet Avignon 2019 enfants à l’honneur coordonné par Scènes d’enfance – ASSITEJ France.

Voir le Projet