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Cent culottes et sans papiers

Cent culottes et sans papiers

Sous la plume de Sylvain Levey, l’école devient le miroir de notre société et de sa consommation effrénée. Il recense ces affaires futiles ou utiles que la pub et les goûts tentent d’imposer aux enfants. Il montre ces choses qui révèlent ce que l’on est ; il dévide la complainte du progrès ; il dresse un inventaire sensible de ces objets inanimés racontant toute une histoire de France, des sans-culottes… aux sans-papiers.

À coups de petites chroniques poétiques ou d’aphorismes politiques, vrais matériaux pour la scène, l’auteur observe la relation entre les habits et les enfants et lance ici un pavé, comme un petit manuel d’instruction civique.

Chaque texte, plus ou moins court, plus ou moins dialogué, est composé à partir d’un vêtement oublié (mouchoir, gant, débardeur, slip…) et propose une immersion dans le monde de l’enfance.
Une première constellation de textes est liée à la vie quotidienne : jeux d’enfant choraux (Am-stram-gram…, marelle, papier-ciseau), brutalité banale de l’enfance (bagarres, déception, violence des adultes). Un second réseau de fragments s’organise autour de la société de consommation et de l’écologie.

Ces tranches de vie traversent les époques et les cours d’école de France. Le point commun ? La devise nationale, Liberté, Égalité, Fraternité.

Tout public à partir de 7 ans
Durée : 50 minutes

Il est bien difficile de faire état de tous les thèmes, souvent en écho, qui sillonnent ce texte, le labourent et l’ancrent dans la réalité moderne et contemporaine la plus simple et la plus universelle à la fois, pour faire de nous des témoins interpellés. On y sent se développer une sorte de poésie politique, une passion pour l’humanité ordinaire et l’absurdité des expulsions d’enfants.
Marie Bernanoce

Intentions de mise en scène

Quand l’adulte regarde l’enfant
C’est un texte au ton apparemment léger, qui s’amuse de la spontanéité et des rires de l’enfance. Comme dans la vie, l’innocence y côtoie la peur au quotidien. C’est cette dualité qui en fait la force : la simplicité mêlée à la brutalité, la sensibilité et le principe de réalité.

Ce texte est fait des mots de l’enfance, mais il est écrit avec le point de vue d’un adulte : c’est toujours l’auteur qui décrit ce qu’il regarde, qui porte un regard sur l’enfant. Par la simplicité de sa langue, il arrive à nous faire voir et entendre les enfants dont il raconte les vêtements oubliés mais le point de vue reste externe. L’émotion ne prend jamais le pas sur la narration ni sur la description. Ce texte, c’est de la matière pour le jeu, pour jouer avec les mots. C’est un texte poétique et sensible dont je renforcerai les callosités, un texte en creux où tout semble à priori trop dit à travers des procédés de listes et d’énumérations. Il demande un travail sur la page blanche, pour cela je lui offrirai des silences, un détour par le mouvement et le langage du corps dansé, marionettique ou gestuel. Ce texte matériau est aussi traversé par la notion de jeu. Ce détour concret par le jeu (jouer à cache-cache, marcher un équilibre sur une poutre…) sera une manière de rendre le texte familier aux jeunes spectateurs et de mettre en relief les intentions du texte. Le caractère ludique et joyeux n’en sera que plus fort.
En disant ce texte, comme si j’en étais l’auteur, je serai dans une adresse directe au public, ce qui me permettra aussi de créer des interactions avec lui.

Une bande-son entre documentaire et poésie
La bande son sera un personnage à part entière, un partenaire de jeu. Elle sera lancée en direct par le personnage principal via une tablette et une enceinte.
Clément Roussillat réalise une composition musicale et rythmique à trois temps pour accompagner le texte, renforcer sa poétique et donner au personnage central l’élan nécessaire à son envol.
Une autre part de son travail est purement documentaire : prise de son dans des cours d’école, interviews d’enfants, ajout de discours politiques.
Certaines parties du texte seront prise en charge par des voix off : l’ouverture et la fermeture, à la manière d’un film documentaire qui posera le décor du spectacle ; le texte composé de faux slogans publicitaires pour dénoncer le travail forcé à travers le monde. Toutes ces voix off seront des voix féminines pour rétablir un équilibre au sein de cet univers très masculin.

Des vêtements-paysages
Le personnage central que j’invente va aussi, tout au long de la pièce, se dépouiller de ses vêtements pour en enfiler d’autres, puis d’autres et d’autres encore, de façon à ce que ces couches successives lui donnent une silhouette étrange. On comprendra à la fin qu’il s’est préparé depuis le début pour prendre son envol.
L’image finale de l’envol restera ouverte : qu’il rejoigne la stratosphère évoquée précédemment, qu’il soit expulsé par avion, qu’il symbolise l’auteur qui vient d’écrire ce long texte final ou qu’il devienne tout simplement adulte, chaque spectateur pourra inventer une lecture personnelle en fonction de son âge. et de son regard
Les vêtements permettront aussi de faire ressortir un trait en particulier, une idée qu’il faut faire jaillir pour qu’elle touche le coeur et l’esprit :« On a renvoyé un enfant avec sa famille, on l’a arraché de l’école de la république, liberté égalité fraternité ». Dans l’enceinte de cette école, un enfant d’origine algérienne, Samir, a été expulsé avec sa famille. Les vêtements oubliés sont autant de cailloux semés qui nous mènent vers l’inacceptable.
Pour renforcer la présence de Samir, celui qui a été renvoyé en Algérie, la faire dialoguer sans cesse avec les autres fragments, des morceaux de laine colorée, délavés, abîmés, ponctueront l’espace scénique, sans que l’on sache très bien, au début, ce qu’ils représentent.
Un seul autre vêtement sera présent : les trente blouses grises, pliées et empilées en une colonne.

Un spectacle à jouer partout
Ce spectacle je veux le donner partout. Il doit entrer dans les théâtres avec une création lumière choisie pour les lieux équipés, mais il doit aussi pouvoir exister partout : dans les lieux non dédiés, les médiathèques et bien sûr au sein même des établissements scolaires, dans les CDI ou les cours d’écoles.
Car il faut partager ces mots entre enfants et adultes, pour grandir et toujours grandir.

Genèse par l'auteur

Il est important, il me semble, de questionner, construire et promouvoir le théâtre enfant, un certain théâtre enfant loin des clichés, des poncifs et des facilités. Les jeunes acteurs (lecteurs, spectateurs) ont droit à un théâtre à part entière sans édification, ni moralisation, un théâtre qui propose une alternative, un langage poétique, une dimension dramaturgique. Ce jeune théâtre contemporain peut s’inspirer de la réalité, s’en amuser et pourquoi pas déclencher le débat en interrogeant le collectif. C’est le théâtre que j’essaye, en toute humilité, de construire au fil des pages et des histoires. Parmi d’autres et avec d’autres.
Sylvain Levey

Ce texte, c’est un texte sur l’école écrit durant les grandes vacances.
Ce texte n’est pas un texte sur l’école. Pas que. L’école est un prétexte. Comme le vêtement oublié d’ailleurs. Ce qui m’importe ici, c’est l’histoire avec un H, un grand pas, l’histoire au sens dramaturgique du terme car ici d’histoire il n’y en a pas, il y a des résonances oui, des clins d’oeil de textes à textes, des chocs aussi, le tout formant un ensemble et vice-versa.
Il faut lire ce texte une première fois car l’ordre a une logique, la mienne. La mienne de logique associe la rythmique et le paysage. Pour définir mon paysage et mon rythme j’ai suspendu mon texte à la verticale, feuille à feuille, un texte (un vêtement) sur chaque feuille et j’ai regardé le vide et le plein de ces feuilles et j’ai déplacé puis déplacé de nouveau puis encore jusqu’à trouver le paysage qui me convenait. C’est un jeu qui associe donc ce paysage (l’oeil) et le rythme (l’oreille). Un texte court après deux longs, pourquoi pas, un texte dialogué long après un monologue court suivi d’une liste ou d’une phrase seule, deux dialogues de suite mais un à deux voix et l’autre à trois intercalés par un monologue ou un texte narratif… Cela paraît technique, cela ne l’est pas. C’est instinctif. C’est animal.

Ensuite il faut faire du trampoline et sauter de texte à texte, passer par-dessus certains pour associer deux textes qui se répondent. Toutes les combinaisons sont possibles et s’expliquent et ont leur propre personnalité. Chaque combinaison provoque des chocs et des paysages et rythmes qui lui sont propres.
Dans Alice pour le moment, j’ai écrit ce que j’appelle un roman théâtre ; ici, dans Cent culottes et sans papiers, j’ai écrit non pas un théâtre poème mais un théâtre de micronouvelles. La micronouvelle comme son nom l’indique est une nouvelle réduite au strict minimum. Ce ne sont pas des poèmes, il ne faut pas se laisser piéger par la musique. Ce sont des micro-histoires qui mises ensemble racontent une grande.

(…) Comment mettre en scène ce texte ? Toutes les entrées sont possibles, du théâtre d’objets bien évidemment (ou de vêtements !), un dispositif plastique, une mise en onde avec casque, pourquoi pas, une troupe d’acteurs aussi c’est un axe intéressant, un seul acteur ou une seule actrice seule sur une chaise face public sans rien d’autre qu’elle et le texte. Une seule porte est fermée, celle qui ouvre sur le chemin de la nostalgie. Il ne faut pas se laisser piéger par le côté « les doigts plein d’encre », avec tout le respect que j’ai pour le photographe Robert Doisneau. C’est avant tout un texte politique qui replace le jeune lecteur spectateur acteur à l’endroit où il se trouve, c’est-à-dire début du vingt et unième siècle avec une histoire avant, une histoire pendant, une histoire après lui.

Je n’ai pas vraiment de références qui m’ont servi à l’écriture de ce texte. En fait j’ai des références musicales, cinématographiques, plastiques, littéraires qui sont le socle de l’ensemble de mon travail d’écrivain. Je pourrais citer en littérature Hubert Selby Junior, John Fante, John Kennedy Toole, Paul Auster, Tanguy Viel, Louis Calaferte, Alberto Moravia, Ou encore Michael Haneke en cinéma, le film Dog Days, les films du Dogme de Lars Von Trier.
J’aime aussi beaucoup des films comme La Graine et le Mulet qui associent rigueur, engagement et accessibilité au large public, j’aime la simplicité d’Agnès Varda, j’aime les films de la Nouvelle Vague, surtout Godard, surtout Pierrot le Fou, j’aime Soulages, Pollock, Hopper, Frida Kahlo, Gauguin en peinture, j’aime Thomas Fersen, Noir Désir, Dominique A, le groupe Beirut, Tom Waits, Iggy Pop et Joy Division en musique.

Extrait

Une cagoule
Bleue
Bleue marine exactement.
Une cagoule bleue marine avec un liseré blanc.
Une cagoule
Comme toutes les cagoules
Qui gratte
Dans
Le
Cou
Et
Un peu aussi le menton.

La cagoule est tombée
Avec les premières neiges
On la retrouvera serpillère
Au début du printemps.

Elle est à qui ?

L’étiquette est délavée
On ne peut lire qu’une lettre
La première lettre d’un prénom

S
S
Comme Stéphane ?
Comme Sophie ?
Comme Steven ?

S

Comme Sidonie
S comme Simon ?
S comme
Sylvie ?

S comme ?
S
L’œil s’habitue
Et
Devine
Un M
Sam ?
Peut être !
Oui Sam ! Pourquoi pas Sam !
L’œil fait l’effort
Et
Devine
Un
R

Samur ?
Non !
Samor ?
Non !
Samar ?
Non
Samer ?
Non plus.

Reste le i.

S A M I R ?

Samir
Petit
Samir
Reparti
Au pays
Sans la cagoule
Avec parents et amis
Sur ordre de ils.

Samir
Dernier jour avant la sortie

Distribution

Texte : Sylvain Levey
Mise en scène et jeu : Rachid Akbal
Lumières : Hervé Bontemps
Création sonore : Clément Roussillat
Costumes : Fabienne Desflèches

Production

Production Cie Le Temps de Vivre

Coproduction : Maison du Développement Culturel de Gennevilliers (92), Théâtre de l’Usine à Eragny (95), Eveil artistique Scène conventionnée Art Enfance Jeunesse – Avignon (84)

Accueils en résidence : Théâtre Le Hublot et MJC-Théâtre de Colombes (92).

Calendrier

2018-2019

12 > 16 novembre 2018 : résidence à la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers
22 > 27 novembre 2018 : résidence à la MJC-Théâtre de Colombes
7 > 11 janvier 2019 : résidence à la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers
18 > 22 février 2019 : résidence à L’Éveil Artistique, scène conventionnée pour le jeune public
19 février à 10h : chantier dans le cadre d’Attention travaux ! à l’Espace Jacques tati à Orsay
17 > 22 juin 2019 : résidence au Théâtre Le Hublot à Colombes
1er > 7 juillet 2019 : résidence au Théâtre de l’Usine à Eragny
9 > 26 juillet 2019 : création au festival festival Théâtr’enfants à Avignon

2019-2020

9 > 15 septembre 2019 : résidence au Théâtre de l’Usine à Eragny
octobre 2019 : représentations au Théâtre de l’Usine à Eragny et dans le cadre de la saison vexinoise
En cours : représentations à la Maison du Développement Culturel de Gennevilliers, au Théâtre Le Hublot à Colombes

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